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Evénements | Par Karima Mokrani | 15-03-2017

Abdelouahab Derbal, président de l’Instance :

«On entend parler de fraude, mais la HIISE n’a pas été saisie»


Le président de la Haute instance indépendante de surveillance des élections (Hiise), Abdelouahab Derbal, a évoqué, hier, trois cas de marchandage de signatures pour les candidatures aux législatives prochaines. Trois cas dont les auteurs, au nombre de six, ont été pris en flagrant délit et sont actuellement en prison. Les mis en cause sont des fonctionnaires et des «militants» qui «veulent mettre en place un marché parallèle aux élections», a-t-il indiqué lors de son intervention à l’émission «L’invité de la rédaction» de la Chaîne III de la Radio nationale. C’est un chiffre considérable pour le président de la Hiise, affirmant que cela «démontre notre sérieux sur le terrain», sans toutefois donner plus de précisions sur le sujet. M. Derbal ne s’étalera pas davantage sur la question de fraude et de marchandage des signatures et des voix dont fait état pratiquement toute la presse, tous supports confondus, reprenant les déclarations des partis de l’opposition et des candidats contestataires des listes au sein des partis. En guise de réponse ou de simple commentaire, il dira : «On entend beaucoup parler de fraude et de marchandage de signatures, mais nous, en tant qu’instance (Hiise), nous n’avons pas été saisies.» Et de souligner que la Hiise n’est pas la seule qui est chargée d’assurer la transparence des prochaines législatives. «La société civile, les médias et les partis jouent un rôle important. Nous sommes tenus de travailler tous ensemble pour faire barrage à ceux qui agissent de façon à se faire élire par tous les moyens». Comment ? «Je vais rassembler mes amis, hommes et femmes, au sein de l’instance, ainsi que mes alliés dans les partis et l’administration et tous ceux qui croient que l’Algérie peut faire quelque chose de bien pour eux et pour les autres.» «Nous, les membres de la Hiise, nous sommes les alliés des partis politiques qui veulent des élections transparentes et les alliés de l’administration qui veulent appliquer la loi à tout le monde.» Pour cause, «il s’agit d’un vrai défi pour nous et pas seulement nous en tant qu’instance, mais pour tous les acteurs. Le défi étant de faire le premier pas vers des élections transparentes et par là, mettre les fondations d’une démocratie durable». Le président de la Hiise saluera les services du département de l’Intérieur pour les «efforts colossaux» consentis dans l’opération d’assainissement des listes électorales et dont les résultats sont plus que probants. Interrogé sur les moyens dont dispose l’instance dans l’exercice de sa mission, il dira que la Hiise ne dispose que de peu de moyens, mais cela, poursuivra-t-il, n’est pas une raison pour laisser le champs libre à certaines parties qui penseraient à influencer d’une manière ou d’une autre l’instance ou un de ses membres : «Nous ne nous laisserons influencer par aucune autorité, aucun parti politique. L’instance ne subira aucune pression d’où qu’elle vienne.» M. Derbal répètera plusieurs fois : «La Hiise est une instance indépendante.»

Et «si tout est joué à l’avance ?», demandera la journaliste qui reprend la question d’un auditeur. Derbal répondra sur un ton ferme : «Si je découvre que tout est joué à l’avance, je démissionne sur le champ. Si j’ai des preuves que tout est joué à l’avance, je ne resterai pas un jour.» Et d’ajouter, là encore avec une certaine fermeté : «Ce n’est pas vrai que tout est joué à l’avance. C’est faux. Ce n’est pas la vérité. La vérité, c’est de bien travailler, c’est de rester fidèle à ses engagements.» S’adressant à ceux qui doutent de ces élections et surtout les boycotteurs, il leur «rappellera» leur «devoir» de voter : «Quand les gens n’accomplissent pas leur devoir de voter, ils n’ont pas le droit de râler pour leurs droits. On n’a ses droits que lorsque ont fait ses devoirs.»

Par ailleurs, M. Derbal rappellera la tenue des élections communales juste après le Ramadhan, alors qu’une prochaine réunion des coordinateurs de la Hiise aura lieu incessamment pour évaluer le travail fait jusque-là. Pour ce qui est de la composante de l’instance, des magistrats pour la moitié, il précisera : «Les juristes de l’instance ne sont pas là pour exercer un travail de juristes, mais pour suivre des procédures juridiques justes quand nous sommes consultés en tant qu’instance.»

K. M.

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