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Evénements | Par Hasna Yacoub | 15-03-2017

En entérinant le document portant évaluation de l’Accord d'association

L'Algérie rééquilibre sa relation avec l'UE dans le cadre d'un partenariat gagnant-gagnant



Le ministre d'Etat, ministre des Affaires étrangères et de la Coopération internationale, Ramtane Lamamra, et la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, se sont félicités, lundi dernier à Bruxelles, de l'intensité des interactions entre l'Algérie et l'Union européenne (UE), soulignant la nécessité de poursuivre cet effort. «Je crois que le dialogue franc, amical et approfondi que nous avons eu aujourd'hui est véritablement à la hauteur des attentes des deux parties. Ce dialogue est appelé à se prolonger toute l'année», a déclaré M. Lamamra lors d'un point de presse conjoint avec Mme Mogherini et le commissaire chargé de la politique européenne de voisinage, Johannes Hahn, à l'issue de la 10e session du Conseil d'association Algérie-UE. Le chef de la diplomatie algérienne a estimé que les rencontres entre l'Algérie et l'UE «ne doivent pas constituer un évènement annuel», annonçant, à l'occasion la visite prochaine en Algérie de la haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité les 8 et 9 avril prochain. Il a souligné que «cet esprit de voisinage devrait déboucher sur la dotation financière d'un certains nombre de programmes développés souverainement par l'Algérie dans le cadre de ses réformes», ajoutant que cette dotation devrait être «substantielle» et «à hauteur de ce qui est consenti à d'autres partenaires de taille comparable à celle de l'Algérie». Pour le chef de la diplomatie algérienne, «il s'agit de faire en sorte que cette relation soit digne du potentiel de l'Algérie et corresponde à ses besoins affirmés». De son côté, la haute représentante de l'UE aux Affaires étrangères et la politique de sécurité a qualifié les priorités de partenariat adoptées lundi dernier de «saut qualitatif» dans la relation bilatérale Algérie-UE. «Nous avons décidé d'approfondir encore plus notre coopération stratégique et notre dialogue sur les défis communs que nous partageons, et les réponses à ces défis», a-t-elle ajouté. Il faut souligner que l’Algérie a réussi, lors de cette 10e session du Conseil d’association Algérie-UE, à remettre les pendules à l’heure en entérinant le document portant les conclusions de l'évaluation conjointe de la mise en œuvre de l'Accord d'association Algérie-UE, signé en 2002 et entré en vigueur en 2005. Il s’agit d’un document où une évaluation conjointe et objective de la mise en œuvre de l'accord d'association a été faite permettant de redéfinir les «priorités de partenariat» pour chaque partie et d’arriver à une symétrie structurelle dans l’application de l’accord. D’ailleurs, Ramtane Lamamra n’a pas manqué de souligner que «nous avons constaté qu'il y a une asymétrie structurelle dans la manière dont l'accord a été appliqué. Nous estimons que s'il doit y avoir une asymétrie à l'avenir, elle doit être au bénéfice de l'Algérie et de l'économie algérienne», relevant néanmoins que l'Algérie est «respectueuse de sa signature et de ses engagements». Pour rappel, en septembre 2015, l'Algérie a saisi la chef de la diplomatie européenne pour demander officiellement l'ouverture de discussions sur une évaluation conjointe objective de la mise en œuvre de l'Accord d'association. Cette démarche visait un rééquilibrage des liens de coopération. Depuis la conclusion de cet accord, la position commerciale de l'UE n'a eu de cesse de se renforcer au détriment de l'économie nationale. Une évaluation de l'impact de cet accord, depuis son entrée en vigueur en 2005 jusqu'à 2015, a montré que le cumul des exportations algériennes hors hydrocarbures vers l'UE n'a même pas atteint les 14 milliards de dollars sur les dix années, alors que les importations algériennes auprès de l'UE se sont chiffrées à 220 milliards de dollars durant la même période. Ce «partenariat asymétrique» a amené le gouvernement algérien à procéder, en 2010, au gel unilatéral des concessions tarifaires accordées à l'UE en vertu de l'Accord d'association. Après 8 rounds de laborieuses négociations, un compromis sur le report de la zone de libre-échange, prévue en 2017, à 2020 a été trouvé.  Mais pas seulement. En participant à la révision de l’Accord d’association avec l’UE, l'Algérie est parvenue à faire inscrire un certain nombre de principes directeurs tels que la souplesse, la co-appropriation et la prise en compte de la réalité et des potentialités de chaque partenaire. L'Algérie a également mis l'accent, lors du processus de révision, sur la nécessité d'entretenir des liens de voisinage respectueux de la souveraineté, de l'égalité des partenaires et des intérêts face aux défis communs, œuvrant pour la consécration des principes de respect mutuel et de non-ingérence dans les affaires intérieures, de l'équilibre des intérêts dans le cadre d'un partenariat gagnant-gagnant. Ainsi en adoptant, lundi dernier, le document de l’accord d’association révisé, l’Algérie a réussi à redéfinir ses priorités de partenariat dans le cadre des relations UE-Algérie jusqu'en 2020. Ces priorités portent sur le dialogue politique, la gouvernance, l'Etat de droit et la promotion des droits fondamentaux. Elles portent également sur la coopération, le développement socio-économique et les échanges commerciaux, y compris l'accès au marché unique européen, les questions énergétiques, l'environnement et le développement durable, le dialogue stratégique et sécuritaire, la dimension humaine, avec le dialogue culturel et interreligieux, ainsi que sur la migration et la mobilité. «Certaines de ces priorités feront l'objet d'une coopération technique et financière qui sera mise en œuvre dans le cadre de la programmation financière 2018-2020», selon l'UE. Rappelons qu’à l'occasion de la réunion à haut niveau du Conseil d'association, tenue lundi à Bruxelles, l'UE et l'Algérie ont signé une série de projets, pour un montant de 40 millions d'euros, afin d'aider l'Algérie à diversifier son économie et à améliorer le climat des affaires grâce à des mesures allant du développement des énergies renouvelables à la modernisation des finances publiques.

H. Y.

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