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Evénements | Par Rafik Elias | 15-03-2017

Une croissance de 400 000 barils/jour est attendue cette année

Pétrole : l'offre mondiale en baisse continue en février

 

L'offre pétrolière mondiale a continué à baisser en février dans le sillage de la mise en œuvre des accords de limitation de la production, a indiqué, hier l'Opep dans son rapport mensuel. Le mois dernier, la production de pétrole mondiale a atteint 95,88 millions de barils par jour (mbj), soit une baisse de 210 000 barils par jour (bj) par rapport à janvier, mais elle est restée stable sur un an, détaille l'Organisation des pays exportateurs de pétrole.

L'Opep à elle seule a vu sa production baisser de 140 000 bj en février, à 31,96 mbj, contre un déclin bien plus significatif de 890 000 bj enregistré en janvier, précise-t-elle en citant des sources secondaires.

«C'est au Nigeria que la production de pétrole a le plus augmenté (+58 000 bj) alors qu'elle a le plus baissé en Arabie saoudite (-68 100 bj), en Irak (-62 000 bj), aux Emirats arabes unis (-36 900 bj) et en Angola (-18  200 bj) », précise  l'Opep.

Les membres de l'Organisation s'étaient accordés en novembre pour réduire leur production de 1,2 mbj à partir du 1er janvier pour une période de six mois renouvelable. En décembre, des pays non membres de l'Opep, emmenés par le plus grand producteur mondial de brut, la Russie, avaient décidé de faire de même à un niveau de 558 000 barils par jour. Ces réductions visent à permettre à un marché inondé d'or noir depuis mi-2014 de se rééquilibrer, et à des cours en berne de se redresser.

Mais la reprise de la production de pétrole aux Etats-Unis a freiné la remontée des prix observée depuis fin 2016.  Ces prix ont commencé la semaine comme ils avaient passé la semaine précédente, au plus bas depuis l'accord de l'Opep, malgré la faiblesse du dollar. Lundi, en début d'après-midi, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en mai valait ainsi 51,17 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 20 cents par rapport à la clôture de vendredi.

Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI) pour le contrat d'avril cédait 27 cents à 48,22 dollars. Hier, les prix du pétrole rebondissaient légèrement en cours d'échanges européens. Le Brent valait ainsi 51,79 dollars alors que le WTI gagnait 34 cents à 48,74 dollars. Les réserves américaines de brut ont atteint des niveaux record (selon les données publiées mercredi dernier, ndlr), ce qui a fait plonger les cours du pétrole à des plus bas en trois mois,  expliquent des analystes.

Selon les prévisions de l'Opep, l'offre pétrolière des pays hors Opep devrait croître davantage qu'anticipé en 2017, en raison de perspectives de production revues à la hausse au Canada et aux Etats-Unis. L'Opep table désormais sur une croissance de 400 000 barils par jour cette année pour les pays extérieurs à l'organisation (soit 16 000 barils par jour de plus que précédemment anticipé) pour s'établir à quelque 57,74 mbj, contre 57,34 mbj en 2016 (ce qui représentait une baisse de 660 000 barils par rapport à 2015).

Quant à la consommation mondiale de pétrole, elle devrait avoir augmenté de 1,38 mbj (+50 000 barils par rapport à la précédente estimation), à 95,05 mbj en 2016, et progresser de 1,26 mbj cette année, pour s'établir à quelque 96,31 mbj, soit une hausse  de 70 000 barils par jour de plus que la précédente anticipation de l'Opep. Selon l'Organisation, la majeure partie de cette croissance devrait provenir de l'Inde et de la Chine, suivies  des États-Unis.

R. E.

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