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Magazine | Par Salma Ben Taïeb | 28-05-2017

Exemple de cohabitation religieuse harmonieuse

Sikhs et Hindous prêtent main forte à la construction d’une mosquée

Dans un village du Pendjab à majorité sikhe et hindoue, les habitants ont mis la main à la pâte pour accélérer la construction d'une mosquée. Afin que les 150 quelques musulmans disposent d'un lieu de culte digne avant le début de Ramadan

Cela ressemble à un conte de Noël. Sauf qu’il s’agit plus exactement d’un cadeau d’Aïd el-Fitr avant l’heure. A Galib Ran Singh Waal, du nom d’un petit village du Pendjab, au nord-ouest de l’Inde, peuplé de 1 300 habitants, la (toute) petite communauté musulmane de seulement 150 âmes n’aura plus à effectuer de longs allers-retours vers les mosquées des communes avoisinantes plus importantes de cet Etat agricole, connu pour être le «grenier de l’Inde». En effet, selon l’information rapportée par Times of India, les Sikhs (majoritaires) et les Hindous du village ont redoublé d’efforts pour accélérer la construction de la mosquée, pour qu’elle soit fin prête avant le début du mois de Ramadan, qui démarre demain. Pari relevé : la mosquée a été inaugurée par les villageois ce jeudi. «Notre demande tant attendue a été satisfaite grâce aux efforts joints des habitants du village. C’est une belle mosquée, nous pourrons désormais prier ici durant le mois saint, c’est comme un cadeau d’Aïd pour nous», a ainsi commenté un membre de la communauté musulmane, Liaqat Ali. «C’est vraiment un grand geste de fraternité de la part des villageois», a déclaré en écho l’imam de la mosquée dénommée Abu Bakr, Habib Rahman Saani Ludhianvi.

La décision officielle de doter les musulmans de Galib Ran Singh Waal d’un lieu de culte dédié a pourtant été entérinée depuis… 1998. «Le comité municipal avait donné son aval par consensus», explique celui qui endosse le rôle de maire, le «sarpanch» Jagdeep Kaur. «Un terrain avait même été alloué au projet mais les travaux n’ont démarré que le 2 mai 2016», a-t-il précisé, tout en revenant que la solidarité des villageois dans la rapidité de ces travaux, qui n’auront donc duré qu’un an. Un commerçant tient à ajouter : «Nous voulons dire à ceux qui combattent au nom de la religion qu’ils feraient mieux de travailler à l’unité des hommes qu’à leur division. Notre village est un parfait exemple de cohabitation et de collaboration harmonieuse entre habitants de diverses communautés, dans le respect des croyances d’autrui.» Une initiative qui a d’ailleurs fait des petits : un temple hindouiste est également en construction. Avec l’aide, évidemment, des musulmans.

S. T.

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