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Sport | Par A. Lemili | 03-06-2017

Football, ceux qui vont souffrir te saluent

Fin de championnat à suivre à la loupe

Selon l’entraîneur-adjoint du DRBT, Mourad Ouardi, les techniciens ne réfléchissent plus à la démarche pour jouer un championnat mais aux meilleures possibilités permettant de terminer un championnat

«C’est ça le football algérien… il faut faire avec», a estimé Karim Ghazi l’inusable milieu défensif du NAHD alors que de son côté Yacine Bezaz qui évolue au CS Constantine considère que jouer une rencontre et «s’arrêter une semaine», voire «deux mois», l’ancien footballeur professionnel du championnat français concluant que tout cela n’est pas bon «ni pour l’entraîneur ni pour les équipes engagées pour un challenge, maintien ou le titre» encore moins et enfin pour le côté technique et physique des footballeurs. Le clubiste rappelant dans la foulée la difficulté à jouer trois rencontres en l’espace de 7 jours et surtout dans des conditions plus que particulières sans pour autant espérer bénéficier d’une période de récupération à même de réparer les dommages physiques causés. Bien des acteurs du football national engagés dans l’apocalyptique fin de championnat de cette année ont livré crûment en fin de matinée d’hier, au cours de l’émission sportive hebdomadaire de la Chaîne III, ce qu’ils pensaient de la situation et surtout pour les joueurs directement concernés, ce qui les attend sur le terrain durant la première quinzaine de ce mois de juin.

Il n’en devient alors que plus incompréhensible que les responsables à hauteur des milieux concernés foncent tête baissée dans leur entêtement à programmer des matchs à 17h alors que durant ces derniers jours et encore plus pour ceux à venir les températures seront des plus élevées. Une réalité à laquelle il faudra ajouter bien entendu l’idée saugrenue de compiler les trois dernières journées restant à jouer sur une semaine alors même que près de douze clubs sont concernés par les résultats des rencontres. Autant, comme le souligne le joueur du CSC, pour le titre et plus dramatique encore pour le maintien ou formulé autrement pour éviter la rétrogradation.

De son côté, Mourad Ouardi, adjoint de Meziane Ighil au DRBT, ne manque presque pas d’ironiser sur un championnat transformé en «tournoi» en raison d’une organisation elle-même conditionnée par des évènements exogènes pourtant prévisibles pour ne pas dire carrément connus et facilement maîtrisables puisqu’il s’agit notamment des rendez-vous continentaux de trois ou quatre clubs. En plus, et à juste titre d’ailleurs, Ouardi rappellera que la préparation de la saison actuelle, ironie du calendrier, avait démarré à la fin du mois de Ramadhan de l’année écoulée. Du coup, la saison aura duré douze mois avec toutes les conséquences physiques, mentales et morales inductibles sur des footballeurs dont, serait-il alors vraiment intelligent de rappeler qu’ils vont devoir vite-fait se remettre au… «boulot» au titre de la saison à venir.

Ouardi d’ailleurs synthétise tout cela en évoquant une réalité implacable qui s’impose à tout entraîneur «tout technicien ne réfléchit plus à la démarche technique logique pour jouer un championnat mais de trouver les meilleures possibilités à même de permettre de… terminer un championnat». C’est dire la situation déplorable d’une saison à jeter vite aux oubliettes et au sujet de laquelle chacun est en droit d’espérer que les responsables concernés à hauteur des institutions sportives nationales en tirent des enseignements.

En ce qui le concerne, Selim Zebbar, préparateur physique du Nasr Hussein-Dey pense qu’il n’y a plus grand-chose à faire dans la mesure où le championnat touche à sa fin «… On ne peut que rester sur les bases aérobie, jeu réduit et quelques mesures prophylactiques de nature préventives et pour éviter des blessures musculaires». Pour le technicien nahdiste, il n’y a rien d’autre à faire que de s’adapter comme le fait de modifier l’horaire des séances d’entraînement désormais calquées sur ceux des rencontres, en somme de «gérer la situation telle qu’elle se présente» et ensuite de donner des consignes aux joueurs de respecter l’idée d’une alimentation appropriée le jour du match «une soupe légère, beaucoup d’eau pour se réhydrater et des fruits» c’est tout ce qui peut être prodigué comme moyens d’aller dans des conditions «adéquates» à une partie de football.

Si d’aucuns pourront arguer que les staffs dirigeants manquent d’imagination et qu’il leur appartenait d’organiser des rencontres amicales pour placer leurs effectifs dans des conditions idoines et non pas d’imputer cette défaillance à une mauvaise organisation et encore moins à l’incompétence (effective) des responsables au sein des structures de la FAF et la LFP, il faudrait pourtant rappeler à tous ceux qui se déchargeraient des responsabilités qui leur incombent la grande différence existant justement entre une rencontre amicale et le dilettantisme qui forcément la particularise d’une autre qui consiste pour les footballeurs à puiser au plus profond d’eux-mêmes pour garantir un résultat à même de contribuer à ce que leur équipe termine une saison sur les chapeaux de roue avec un titre à la clé et encore plus pour ceux dont la formation doit coûte que coûte batailler pour éviter le purgatoire.

A. L.

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