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Evénements | Par Bahia Aliouche | 08-06-2017

Selon certains analystes 

Aucun impact de la crise du Golfe sur l’accord de l’OPEP



 

Depuis quelques jours, observateurs et analystes s'inquiètent de l’impact du blocus diplomatique et économique du Qatar, décidé par l'Arabie saoudite et ses alliés, sur le marché pétrolier. Alors que certains estiment que les impacts majeurs de cette crise seront cruciaux notamment sur l’unité de l’Opep, d’autres  analystes pensent, dans la foulée, que l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ne sera pas impactée par ces tensions, d’autant que le Qatar représente environ 2% de la production de l’organisation des pays  exportateurs de pétrole, avec une production quotidienne de 618.000 barils par jour. «Ce n’est pas la première fois que des clivages politiques opposent des pays membres de l’organisation et ce ne sera pas, non plus, la dernière fois», a déclaré à l’agence de presse Bloomberg Abdulsamad Al-Awadhi, analyste basé à Londres et ancien ministre Koweitien. Selon cet analyste «l’Opep est passé au travers de nombreux conflits militaires et politiques ayant divisé ses membres mais cela n’a pas eu d’impact sur le travail de l’organisation». Pour John Sfakianakis, directeur de recherche au Centre de recherches du Golfe, basé en Arabie saoudite, «aucun indice ne laisse penser que cette crise pourrait menacer l’accord (de réduction de la production) signé par les pays membres et non membres de l’Opep». Un point de vue partagé par le représentant permanent de la Russie auprès des organisations internationales à Vienne, Vladimir Voronkov qui a déclaré que son pays estimait que les tensions que connait la région du Golfe n’aura aucun impact sur l’accord de réduction de production pétrolière. L'Opep et ses partenaires se sont entendus fin mai pour renouveler jusqu'à fin mars 2018 leur accord de baisse de la production, accord dont la Libye et le Nigeria ont été dispensés.

Il convient de signaler, dans ce contexte, que le prix du Brent a augmenté de 1,6% lors de l’annonce, par l’Arabie saoudite et trois autres pays, de la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar pour terminer la journée de lundi, à Londres, avec une légère baisse. Et après avoir rebondi mardi en fin de séance, galvanisés par de premières estimations hebdomadaires sur les réserves américaines faisant état d'une baisse plus marquée que prévu des stocks de brut, les prix du pétrole reculaient, hier en cours d'échanges européens. Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en août valait 49,85 dollars sur l'Intercontinental Exchange (ICE) de Londres, en baisse de 27 cents par rapport à la clôture de mardi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» (WTI), pour le contrat de juillet cédait 20 cents à 47,99 dollars. Après la publication des chiffres de département américain de l'Energie (DoE) faisant état d’une progression inattendue, la semaine dernière, des stocks américains de pétrole brut, le marché du pétrole accélérait fortement sa baisse. Vers 14h45 GMT, le cours du baril de «light sweet crude» (WTI) perdait 2,09 dollars à 46,10 dollars. Lors de la semaine achevée le 2 juin, les réserves commerciales de brut ont progressé, selon le département américain de l'Energie  (DoE), de 3,3 millions de barils pour atteindre 513,2 millions alors que les analystes interrogés par l'agence Bloomberg tablaient de façon médiane sur une baisse de 3 millions. Les chiffres du DoE contredisent ceux de la fédération privée American Petroleum Institute (API), dont les estimations annonçaient une chute des stocks de brut encore plus marquée que les attentes des experts de Bloomberg. En tenant compte d'un nouvel abaissement des réserves stratégiques, les stocks totaux de pétrole brut ont augmenté de 1,6 million de barils.

B. A./Agences

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