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Evénements | De notre envoyé spécial à Riyad Bachir-Cherif Hassen | 17-06-2017

Ouverture aujourd’hui du 19e sommet arabe en présence de Bouteflika

Consensus autour du plan de paix de Beyrouth

A l’ouverture, aujourd’hui, de ce 19e sommet arabe qu’accueille l’Arabie saoudite à Riyad, le président Abdelaziz Bouteflika aura besoin, deux jours durant, de toute sa patience, de toute son énergie et surtout de son incontournable sens de la diplomatie pour imposer sa ligne de fracture –aidé en cela par nombre de pays arabes tels que la Syrie, le Soudan, les pays du Maghreb– aux quatre pays du quartette arabe, à savoir le pays hôte, l’Egypte, la Jordanie et les Emirats arabes. Et ce, afin d’aboutir à un consensus, même s’il est jugé de façade par les observateurs politiques et l’opinion publique, sur la relance de l’initiative de paix ébauchée au sommet de Beyrouth en 2002. Car, au-delà des déclarations d’intention répétées avec moult force sur la volonté politique des dirigeants arabes de faire aboutir coûte que coûte cette initiative de paix, à l’image du ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud Al Fayçal qui a réitéré le refus de son pays d’amender les tenants et le contenu de cette initiative, il faut avouer que la rencontre du «quartette arabe» avec la secrétaire d’Etat américaine Condoleezza Rice, en Egypte, à quelques jours de ce 19ème sommet a jeté comme un froid au sein de la majeure partie des délégations participantes dont la plus violente a été celle de la Libye qui a tout bonnement claqué la porte de ce sommet en jugeant comme l’avait annoncé son chef de la diplomatie Abdel Rahman Chalgham lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères le 4 mars au Caire que «les pays arabes n’étaient pas sérieux». Tout en mettant en évidence la justesse des points de vue de l’Algérie à l’issue de l’audience que lui a accordée Abdelaziz Bouteflika à la veille de ce sommet, en tant que porteur d’un message du leader de la révolution libyenne, le colonel Mouamar El Kadhafi, grand absent de ce sommet, guère en odeur de sainteté au royaume d’Arabie saoudite. Tout comme ne feront pas le déplacement, pour des raisons internes, le roi Mohamed VI et le président Ben Ali. Quoi qu’il en soit et à quelques heures de l’ouverture solennelle de ce 19ème sommet qui se tiendra à huis clos, alors qu’à l’initiative du président Bouteflika et pour la première fois de son histoire celui d’Alger fut retransmis en direct et en toute transparence dans l’ensemble du Monde arabe, le pays hôte a déployé tout le faste de son cérémonial pour accueillir en grande pompe l’ensemble des dirigeants arabes en présence d’un nombre record de chaînes de télévision et de médias internationaux qui ont du mal à évoluer et à se déplacer en raison des mesures de sécurité draconiennes et ce, dans une ambiance tendue en raison des derniers attentats terroristes qu’a vécus le pays. A cet égard, le gouvernement saoudien a pris des mesures drastiques pour l’entrée sur son territoire, représenté plus que symboliquement par le bâtiment le plus impressionnant érigé dans la ville de Riyad : le siège du ministère de l’Intérieur illuminé de nuit comme de… jour ! Au moment où les experts des délégations planchent sur nombre de dossiers sensibles pour une position arabe unifiée, notamment sur la circulation des personnes, une majorité de citoyens arabes issus de ce bloc s’est vu refuser la possibilité d’accomplir la omra à quarante-huit heures du Mawlid Ennabaoui.

Au-delà des appétits politiques de leadership du «quartette arabe», des dissensions au niveau des coulisses sur les grands dossiers débattus par les délégués, comme la question palestinienne, l’Irak, la Somalie, le Soudan, le dossier nucléaire du Proche-Orient, tout comme la présence pesante de Condoleezza Rice qui a généré un mini-sommet dans le sommet, l’essentiel est que le consensus sur l’initiative de paix puisse être mis en exergue solennellement lors de la déclaration finale qui sera adoptée par les chefs d’Etat demain.

Un plan de paix dont la finalité est l’établissement d’un Etat palestinien qui a vu, image forte, porteuse d’espoirs, le président Mahmoud Abbas et le Premier ministre du Hamas Ismaël Haniyeh arriver à Riyad cette matinée la main dans la main.

B.-C. H.

In La Tribune du 28.03.2007

 

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